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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 12:47

Millau sera toujours Millau…

 

 Aucune course que je ne connaisse ne lui ressemble, aucune personne rencontrée sur les diverses épreuves parcourues ne ressemble à celles de Millau, rien n’est pareil, jusqu’au bout le doute subsiste, que ce soit la première ou non l’inconnu, le doute  et l’appréhension font partis de l’épreuve.

On dit d'elle qu'elle est mythique, la plus dure, je ne sais pas, mais lorsque les jambes sont dures que le souffle est court, que vous croisez les premiers qui vous semblent presque être arrivés alors qu’il vous reste encore beaucoup, ce n’est pas facile en effet.

Je vais essayer de vous raconter « mon Millau 2007 », avec mes mots, mes souvenirs et conclusions (soyez indulgents)…

La première question qui m’a longtemps tourmenté était : Est-ce que j’y vais ?

Après plusieurs changements d’avis, légitimes quand on est « poisson », je me suis enfin décidé à prendre le départ de « mon » troisième 100km de Millau.

Hélène, ma chère et tendre, n’a pas été facile à convaincre mais comme d’habitude elle m’a suivi avec plus de mérite que moi-même dans cette nouvelle folie…

Nous voila donc partie du Luc en Provence vendredi dernier,  avec Hélène et Philippe mes suiveurs uniques et irremplaçables, pour un voyage décontracté sans pression et un piquenique au bord du Lac du Salagou du côté de Lodève pour ceux qui connaissent. La personne qui nous a le plus manqué c’est Babeth qui malheureusement n’a pu nous accompagner pour ce weekend aveyronnais.

Je disais donc pas de pression mais un petit domaine de la fouquette (rosé de Provence) pour accompagner notre salade de pates, jambon de pays « de Lozère », etc.

Nous retrouvions nos amis Anthony, Joe et Mathieu au retrait des dossards avant que Manu ne nous rejoigne et que nous nous dirigions vers notre hôtel  situé à Aguessac(12).  Hôtel très pratique pour les suiveurs car il se situ juste au bord de la route où passe la course.

Après avoir pris possession de nos chambres nous nous sommes retrouvés avec Dominique et jean Pierre venus pour nous encourager sur le parcours, pour partager le repas du soir dans une ambiance bonne enfant.

Ce n’est pas que nous sommes spécialement de gros mangeurs mais le repas spécial « 100km de Millau » nous laissait un peu sur notre faim ; tout ceci fut vite oublié.

Nous y voila, nous sommes samedi matin. Anthony qui s’attaque à son premier Millau, Manu qui part pour un deuxième et moi-même rejoignons le départ. Quelques dernières plaisanteries concernant les chaussettes « défatigantes » fusent et puis la fanfare s’élance dans l’allée des platanes…

Une sensation devenue habituelle me traverse ;  je revois le parcours, la peur  est présentes mon seul but au vue de mon état de forme et de l’évolution de ma préparation est de terminer.

Le speaker annonce 1900 personnes au départ (nous supposons que les marathoniens sont compris dans le lot), c’est énorme. Et puis le décompte les derniers encouragements et le coup de pistolet.

Tout le monde s’élance, Manu reste à proximité de moi durant le premier kilomètre avant de partir devant. Anthony reste sagement derrière et adopte dès le départ un rythme comme il dit « pour aller au bout ».

Je constate la présence des meneurs d’allure de 12h., 11h. Et 10h. N’ayant pas vraiment de d’objectif de temps et je décide de courir à mon rythme.

Le premier ravitaillement pris, je retrouve Hélène et Philippe prêt pour chevaucher leurs bicyclettes et me suivre pendant des heures et des heures…

Tout est convivial, les gens au bord de la route ne sont jamais avares d’encouragements, les bénévoles sont vraiment des personnes à mettre en avant car ils ont été serviables et disponibles du premier au dernier.

A tour de rôle Philippe et Hélène immortalisent cette journée et les kilomètres s’enchainent. Au allant tour du 25ième, Mathieu nous rejoint afin de nous donner des nouvelles d’Anthony qui progresse à son allure.

Nous discutons avec quelques suiveurs et coureurs de choses et d’autres, les « salut les varois » fusent. Hélène m’impressionne quand elle avale les montées pourtant déjà raides. Philippe est à mes côtés depuis le 7ième kilomètres et il le restera jusqu’au dernier, qu’elle EQUIPE comme il dit. Ils n’ont eu de cesse de s’informer de mon état de santé tout au long du parcours : OUI QU’ELLE EQUIPE. Je sais que Philippe aurait bien aimé participer à cette épreuve mais une vilaine blessure l’en a empêché.

Le téléphone commence à sonner,  je pense que les opérateurs téléphoniques se frottent les mains de l’organisation de ce genre d’épreuve. J’en profite afin de vous remercier tous de votre soutien.

Et nous voila au marathon, cela fait 4 heures de course. Allez un bon quart d’heure de pose, le temps de se mettre un peu de crème sur les muscles des jambes, de nok sous les bras, de changer de tenues en haut : TU PARLES D’UNE POSE…

Et nous voilà repartis, Tiens je croise Manu qui arrive au marathon ; je suis surpris car je pensais qu’il était devant moi. Je l’encourage mais il me dit qu’il arrête. J’essaye de lui dire que ce n’est qu’un mauvais moment que cela va passer mais je ne le reverrais pas.

Bon maintenant nous allons attaquer les vrais difficultés de l’épreuve, beaucoup de question me traverse l’esprit : suis-je assez frais, est ce que je vais y arriver, est ce que j’en ai envie,  pourquoi suis je là ? (si je vous dis que je suis poisson ce n’est pas pour rien).

Je balaye toutes ces questions en pensant au courage d’Hélène, à mes enfants et à l’amitié de Philippe : Je n’ai pas le droit de les décevoir. J’irais au bout pour eux pour qu’ils voient que leur mari, leur père et leur ami « ne lâche rien »…

Le temps quant à lui n’a que peut d’importance. Au risque de décevoir les plus compétiteurs,  je trouve qu’avant de vouloir faire X heures il faut ESPERER finir. La course est tellement longue que le doute subsiste jusqu’au bout ce n’est jamais gagné tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie.

Première grosse difficulté, la montée du Viaduc (direction Sainte Affrique) : Premier passage à vide, Philippe à mes côtés me parle, j’essaye de me relaxer, je réduis l’allure et franchis ce palier avec quelques « crampounettes » sur la fin. Le 50ième, Hélène est la nous faisons la photo souvenir et nous nous lançons dans la descente vers St Georges où le ravitaillement est le bienvenu.

Peu après nous rencontrons plusieurs coureurs et suiveurs avec lesquels nous échangeons des impressions de course et quelques encouragements.  Le premier est sur le retour cela fait exactement 6h00 de course lorsque nous le croisons. Malgré nos encouragements et félicitations il attache peu d’importance à notre présence (sans doute trop pris par la COMPETITION : à chacun son Millau).

Je lance à Philippe, c’est dommage je me suis trompé de dossard si j’avais pris le 827 au lieu du 826  j’aurais presque fini. Le futur vainqueur avait en effet le dossard juste après le mien.

Nous arrivons au ravitaillement du 60ième, je ne suis pas trop mal on va dire, les crampes ne me gène pas trop, le moral est là, mais surtout Hélène et Philippe me soutiennent sans relâchement. Après avoir croisé les 2ième et 3ième nous franchissons la côte de THIERGES toujours en courant avant de rejoindre Sainte Affrique via une descente de 7 kilomètre environ qu’il va falloir remonter bien sûr : sinon ce ne serait pas drôle, pas vrai ?

En effet, descente interminable et bien sur montée interminable aussi. Mais à Saint Affrique après le pointage, le moral est un peu plus remonté lorsque j’aperçois Dominique et Jean Pierre, qui était déjà positionné au Marathon et qui sont là pour nous soutenir et qui nous dirons plus tard  avoir passé une superbe journée.

Arrivée en haut de la côte de Sainte Affrique, alors que la barre des 80kms approchait à grand pas nous croisons Anthony, Mathieu et Joe qui vont attaquer la descente. Malgré les douleurs, Anthony avance à son rythme ; son but : Devenir un CENT BORNARD…

Hélène devine les moments difficiles et me fait croire que je vais trop vite et trop bien ; cela m’aide beaucoup, j’essaye de me décontracter ; je cours toujours et encore. Allez plus qu’un semi et puis c’est gagné.

Deux radars automatiques se trouvent entre le 80 et le 90 kms : il faut ralentir bien sur…

La nuit arrive au pied de la côte du viaduc de Millau et un nouveau changement de tenue du haut du corps est le bienvenu.  

Le 90ième passé, Philippe entreprend des calculs savants pour me dire que je suis dans les temps de mon dernier Millau, que si « je ne lâche rien », j’aurais une double belle surprise à l’arrivée (celle d’arrivée et celle de battre mon vieux record de 2 ans. J’ai du mal à lui répondre, là je souffre vraiment, le temps m’importe peu, je veux finir et dix kms sont long après 90kms. Alors j’avance en promettant de faire de mon mieux, je crois même que je l’ai juré.

Nous franchissons le Viaduc et arrivant peu après au 95ième km, j’approuve les derniers conseils pertinents de Philippe et Hélène qui m’impressionne de plus en plus.

Après un bref ravitaillement nous nous engageons dans les trois derniers kilomètres.

Je ne sais pas comment Philippe a réussi à me faire accélérer comme cela, je devais au moins courir à 10km/h. (on ne se moque pas s’il vous plait) et je finissais en sprint. Hélène était partie devant, Philippe monte l’allée de l’arrivée à mes côtés, nous nous tapons dans les mains, je n’ai de cesse de le remercier. Le bonheur et l’émotion  sont très intense, j’ai la « Hargne », je lève les bras en poussant des cris de victoire, je me trouve à côté d’un coureur qui en finit et veut lui lever les bras mais « il n’a pas trouvait çà drôle », je cherche Hélène, Philippe me quitte, mince je suis seul, qu’est ce que je fais et là je passe la ligne d’arrivée tout seul (mon seul regret).

Je monte sur le podium et suis interviewé par le speaker qui voyant mon enthousiasme me fais parler au moins quelques minutes. Je reconnais y avoir pris du plaisir car je tenais vraiment à remercier cette femme qui partage ma vie au quotidien, qui supporte les entrainements, les humeurs  et qui me « bade » (elle comprendra)…

Et puis je voulais remercier la personne grâce à qui je cours et qui m’a encore une fois permis de dépasser mes limites : l’Amitié est rare et ne s’achète pas : Monsieur Philippe RICHARD vous êtes quelqu’un hors du commun… J’espère te suivre bientôt à mon tour.

Voila ensuite ce fut massage, repas léger, encouragements pour Anthony et puis douche et dodo.

Nous avons terminé notre week end par un bon restaurant que je vous conseille d’ailleurs : la mangeoire située dans Millau, avant de regagner notre région.

Voila mon Millau 2007 en espérant que le récit vous a permis de partager cette nouvelle aventure…

Quelques photos ci-dessous.

Amitiés sportives.

Marc

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commentaires

framboise IsÚre 15/10/2007 09:04

félicitations! une fois de plus vous dépssez vos limites...

Elise 06/10/2007 10:21

Et bah je dis chapeau!!!
Félicitations!!
 

Alain 05/10/2007 12:59

Domage que l'on sait manqué :-(J'aurai aimé partatagé quelques motsTant pis, il y aura d'autres occasion.

sandrine Tornior 01/10/2007 13:51

Encore un exploit, félicitations à vous trois.
A bientôt, Sandrine